"Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée " est une "petite" pièce de Musset, un bijou, une vraie
merveille.
J'ai écrit ici que cette image, Petrouchka se heurtant à une porte fermée, m'en rappelait une autre. Oui. Elle me
rappellait tout simplement la première image du livre, celle du "Jeune Homme" se fracassant contre une porte que la femme vient de refermer. Nous avions choisi ensemble, avec Nicolas, de
commencer l'ouvrage de cette façon : une image sans visage, simple. Et pas si simple.
Alors voici des portes, ouvertes ou fermées, parfois entr'ouvertes. "Mystères", c'est un beau titre aussi. (un
autre ouvrage superbe, de Knut Hamsun, "Mystères" et son héros Nagel - oui, anagramme de ANGEL, Nagel qui dit "le bluff nous tient tous prisonniers", Nagel surnommé "l'étranger de l'existence",
Nagel comme Hamsun vagabond désabusé et brillant, comète arrachée à son Orbite, Nagel aussi attaché que Hamsun à la nature, Hamsun qui a passé son enfance au large des îles Lofoten, au delà du
cercle polaire, au pays des aurores boréales et des nuits sans fin...mais je m'égare. Ou j'ouvre trop de portes ;-) )
Bref. Des portes. & Nicolas.
Il y a beaucoup de portes dans le livre. Elles ouvrent et ferment des chapitres. Une circulation.
Enjoy !
Et pour le plaisir, je ne peux que vous encourager à (re-)lire Musset...
LE COMTE se lève et prend son chapeau :
Tenez, marquise, je vous dis adieu. Vous me feriez dire quelque sottise.
LA MARQUISE
Quel excès de délicatesse !
LE COMTE
Non ; mais, en vérité, vous êtes trop cruelle. C’est bien assez de défendre qu’on vous aime, sans m’accuser d’aimer
ailleurs.
LA MARQUISE
De mieux en mieux. Quel ton tragique ! Moi, je vous ai défendu de m’aimer ?
LE COMTE
Certainement, de vous en parler, du moins.
LA MARQUISE
Eh bien ! je vous le permets ; voyons votre éloquence.
LE COMTE
Si vous le disiez sérieusement…
LA MARQUISE
Que vous importe ? pourvu que je le dise.
LE COMTE
C’est que, tout en riant, il pourrait bien y avoir ici quelqu’un qui courût des risques.
LA MARQUISE
Oh ! oh ! de grands périls ? monsieur.
LE COMTE
Peut-être, madame ; mais, par malheur, le danger ne serait que pour moi.
LA MARQUISE
Quand on a peur, on ne fait pas le brave. Eh bien ! voyons ; Vous ne dites rien ? Vous me menacez, je m’expose, et
vous ne bougez pas ? je m’attendais à vous voir au moins vous précipitez à mes pieds comme Rodrigue ou M. Camus
lui-même. Il y serait déjà, à vote place.
LE COMTE
Cela vous divertit donc beaucoup de vous moquer du pauvre monde ?
LA MARQUISE
LE COMTE se lève et prend son chapeau :
Tenez, marquise, je vous dis adieu. Vous me feriez
dire quelque sottise.
LA MARQUISE
Quel excès de délicatesse
!
LE COMTE
Non ; mais, en vérité, vous êtes trop cruelle. C’est
bien assez de défendre qu’on vous aime, sans m’accuser d’aimer
ailleurs.
LA MARQUISE
De mieux en mieux. Quel ton tragique ! Moi, je vous
ai défendu de m’aimer ?
LE COMTE
Certainement, de vous en parler, du
moins.
LA MARQUISE
Eh bien ! je vous le permets ; voyons votre
éloquence.
LE COMTE
Si vous le disiez
sérieusement…
LA MARQUISE
Que vous importe ? pourvu que je le
dise.
LE COMTE
C’est que, tout en riant, il pourrait bien y avoir
ici quelqu’un qui courût des risques.
LA MARQUISE
Oh ! oh ! de grands périls ?
monsieur.
LE COMTE
Peut-être, madame ; mais, par malheur, le danger ne
serait que pour moi.
LA MARQUISE
Quand on a peur, on ne fait pas le brave. Eh bien !
voyons ; Vous ne dites rien ? Vous me menacez, je m’expose, et
vous ne bougez pas ? je m’attendais à vous voir au
moins vous précipitez à mes pieds comme Rodrigue ou M. Camus
lui-même. Il y serait déjà, à vote
place.
LE COMTE
Cela vous divertit donc beaucoup de vous moquer du
pauvre monde ?
LA MARQUISE
Et vous, cela vous surprend donc bien, de ce qu’on ose vous braver en face ?
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