Samedi 23 janvier 2010 6 23 /01 /Jan /2010 15:46
"Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée " est une "petite" pièce de Musset, un bijou, une vraie merveille.

J'ai écrit ici que cette image, Petrouchka se heurtant à une porte fermée, m'en rappelait une autre. Oui. Elle me rappellait tout simplement la première image du livre, celle du "Jeune Homme" se fracassant contre une porte que la femme vient de refermer. Nous avions choisi ensemble, avec Nicolas, de commencer l'ouvrage de cette façon : une image sans visage, simple. Et pas si simple.
 
Alors voici des portes, ouvertes ou fermées, parfois entr'ouvertes. "Mystères", c'est un beau titre aussi. (un autre ouvrage superbe, de Knut Hamsun, "Mystères" et son héros Nagel - oui, anagramme de ANGEL, Nagel qui dit "le bluff nous tient tous prisonniers", Nagel surnommé "l'étranger de l'existence", Nagel comme Hamsun vagabond désabusé et brillant, comète arrachée à son Orbite, Nagel aussi attaché que Hamsun à la nature, Hamsun qui a passé son enfance au large des îles Lofoten, au delà du cercle polaire, au pays des aurores boréales et des nuits sans fin...mais je m'égare. Ou j'ouvre trop de portes ;-) )

Bref. Des portes. & Nicolas.
Il y a beaucoup de portes dans le livre. Elles ouvrent et ferment des chapitres. Une circulation. 
Enjoy !



porte197 LERICHExs    
porte209 NICOLAS

porte320 NICOLASxs

13wAnneDeniau 2009BRusses-0467

porte273 LERICHE-1

porteMATS075 016xs

porte24 NICOLAS
porte126 NICOLAS




 
Et pour le plaisir, je ne peux que vous encourager à (re-)lire Musset...


LE COMTE se lève et prend son chapeau :
Tenez, marquise, je vous dis adieu. Vous me feriez dire quelque sottise.
LA MARQUISE
Quel excès de délicatesse !
LE COMTE
Non ; mais, en vérité, vous êtes trop cruelle. C’est bien assez de défendre qu’on vous aime, sans m’accuser d’aimer
ailleurs.
LA MARQUISE
De mieux en mieux. Quel ton tragique ! Moi, je vous ai défendu de m’aimer ?
LE COMTE
Certainement, de vous en parler, du moins.
LA MARQUISE
Eh bien ! je vous le permets ; voyons votre éloquence.
LE COMTE
Si vous le disiez sérieusement…
LA MARQUISE
Que vous importe ? pourvu que je le dise.
LE COMTE
C’est que, tout en riant, il pourrait bien y avoir ici quelqu’un qui courût des risques.
LA MARQUISE
Oh ! oh ! de grands périls ? monsieur.
LE COMTE
Peut-être, madame ; mais, par malheur, le danger ne serait que pour moi.
LA MARQUISE
Quand on a peur, on ne fait pas le brave. Eh bien ! voyons ; Vous ne dites rien ? Vous me menacez, je m’expose, et
vous ne bougez pas ? je m’attendais à vous voir au moins vous précipitez à mes pieds comme Rodrigue ou M. Camus
lui-même. Il y serait déjà, à vote place.
LE COMTE
Cela vous divertit donc beaucoup de vous moquer du pauvre monde ?
LA MARQUISE

LE COMTE se lève et prend son chapeau :

Tenez, marquise, je vous dis adieu. Vous me feriez dire quelque sottise.

LA MARQUISE

Quel excès de délicatesse !

LE COMTE

Non ; mais, en vérité, vous êtes trop cruelle. C’est bien assez de défendre qu’on vous aime, sans m’accuser d’aimer

ailleurs.

LA MARQUISE

De mieux en mieux. Quel ton tragique ! Moi, je vous ai défendu de m’aimer ?

LE COMTE

Certainement, de vous en parler, du moins.

LA MARQUISE

Eh bien ! je vous le permets ; voyons votre éloquence.

LE COMTE

Si vous le disiez sérieusement…

LA MARQUISE

Que vous importe ? pourvu que je le dise.

LE COMTE

C’est que, tout en riant, il pourrait bien y avoir ici quelqu’un qui courût des risques.

LA MARQUISE

Oh ! oh ! de grands périls ? monsieur.

LE COMTE

Peut-être, madame ; mais, par malheur, le danger ne serait que pour moi.

LA MARQUISE

Quand on a peur, on ne fait pas le brave. Eh bien ! voyons ; Vous ne dites rien ? Vous me menacez, je m’expose, et

vous ne bougez pas ? je m’attendais à vous voir au moins vous précipitez à mes pieds comme Rodrigue ou M. Camus

lui-même. Il y serait déjà, à vote place.

LE COMTE

Cela vous divertit donc beaucoup de vous moquer du pauvre monde ?

LA MARQUISE

Et vous, cela vous surprend donc bien, de ce qu’on ose vous braver en face ?


• 


 

 

Par Anne Deniau & Nicolas Le Riche - Publié dans : Réflexions
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Commentaires

et il ya aussi ce ballet de kylian... un ballet sur Fragonard quand tout le monde veut faire de la danse un tableau, lui fait du tableau un ballet...
Commentaire n°1 posté par aléna le 04/02/2010 à 23h49
et ce péril... m'est bien amer.
Commentaire n°2 posté par aléna le 04/02/2010 à 23h52

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  • : NICOLAS LE RICHE • LE livre • THE book
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  • : Au départ ce bulletin accompagnait une création, celle du livre NICOLAS LE RICHE, paru le 2 octobre 2008. "NICOLAS LE RICHE" : un voyage photographique, inscrit sur près de 6 années par Anne Deniau. Le catalogue raisonné, ou plutôt le catalogue déraisonné, de Nicolas. Au fil du temps, cette page a continué d'exister, d'accompagner Nicolas Le Riche en images... • VERSION FRANCAISE • ENGLISH VERSION • index(s) 3 jan 2009
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